![]() |
|
||||||||||
|
C'est un coup de tonnerre qui va secouer le Landernau des Crossover, des 4x4 ou des SUV. Si l'on ne sait pas vraiment ce qu'il est, on sait déjà que le Duster va faire grand bruit. Dacia présente ici son premier véhicule tout à fait concurrentiel avec les poids lourds du secteur. Lors de la sortie de Logan, fin 2004, les constructeurs concurrents ne se disaient que modérément inquiets. En effet, la qualité et les prestations intrinsèques de la voiture ne semblaient pas vraiment en mesure de venir chasser sur les terres des grands généralistes sur les marchés traditionnels. Et il est vrai que, 5 années de commercialisation plus tard, rares sont ceux qui ont eu à déplorer la concurrence de Logan. Renault, maison mère de Dacia, reconnaît tout au plus que, en fait de concurrence, la Logan aura plutôt fait du tort au marché de l'occasion récente. Soit… Il n'en reste pas moins que la voiture à bas coût se révèle depuis quelques années un véritable phénomène de société. 1,2 million de véhicules vendus dans le monde, à travers 80 pays, la Sandero qui confirme l'essai, bref, tout va bien pour Dacia, et personne n'arrive aujourd'hui à reproduire son modèle économique. Alors, le rouleau compresseur roumain poursuit sa route et présente aujourd'hui le Duster qui, de par ses prestations et son positionnement, se distingue des Logan et Sandero. En effet, un énorme travail sur la qualité perçue et sur la maîtrise des coûts a permis de livrer un véhicule bluffant d'efficacité, avec un tarif complètement fou. Attention, chronique d'un best-seller annoncé. Le Duster a de la gueule !Soyons honnêtes. Hors de toutes considérations esthétiques, sur lesquelles nos jugements ne sont pas toujours les plus éclairés, le Duster est bien la première Dacia vraiment homogène et sympathique à regarder. Comme l'annonçait déjà la Sandero, preuve est donc faite que bas coût ne signifie pas forcément moche. Et c'est bien le premier argument du Duster. Il ne suscitera pas le dégoût au premier regard. Un délit de faciès qui a parfois fait défaut aux autres véhicules de la marque, et a certainement bloqué l'entrain de nombreux chalands attirés, de prime abord, par le prix. Duster est donc "beau" et pas cher, pour commencer. L'engin est fabriqué à Pitesti, et bientôt également en Russie, au Brésil et en Colombie. Les capacités prévues pour ce modèle trahissent les ambitions du groupe Renault. Ecoutez plutôt : 150 000 unités en Roumanie, 60 000 en Russie, 60 000 au Brésil, 20 000 en Colombie, et peut-être même 30 000 en Inde à moyen terme… Soit plus de 300 000 voitures à l'année ! Et les choix de ces différentes usines du groupe sont également économiques. Dans des usines de l'Ouest, le coût de fabrication du Duster serait grevé d'environ 1 500 à 2 000 euros. Le prix de revient pour le client final augmenterait alors de 2 500 à 3 000 euros. A priori fiable et éprouvéLe Dacia Duster, à la croisée des chemins entre SUV, Crossover et 4 X 4, est bâti sur la base de la plate-forme B0, commune à Renault, et utilisée pour Clio ou Sandero. Son développement a coûté environ 200 millions d'euros, plus environ 70 millions, pour le seul aménagement de l'usine de Pitesti. Une somme contenue, puisque 50 % des pièces sont partagées avec d'autres modèles des gammes Renault et Dacia. Mais le "carry over" ne s'arrête pas là. Sur la version 4 roues motrices, le train arrière multibras est inspiré de celui de la Logan MCV, tandis que le coupleur électromagnétique est issu du Nissan Murano, alliance oblige. Une version 4x4 qui bénéficie également d'une autre astuce pour limiter les coûts. Plutôt que de prévoir une boîte de transfert, chère et lourde, pour les fonctions de tout terrain, Dacia a préféré monter un premier rapport ultra court dans la nouvelle boîte de vitesses mécanique à 6 rapports TL8. Elle permet une vitesse de 5,8 km/h à 1 000 tr/min, soit 25 % plus lente qu'une première classique. Par ailleurs, la commande de boîte fait appel à trois modes, simples d'emploi. En mode Auto, la répartition de couple entre avant et arrière est automatique, comprenez 100 % en traction dans les conditions normales de roulage. En mode Lock, le conducteur verrouille la transmission 4x4, pour le franchissement ou les conditions de roulage difficiles. Enfin, en mode 2WD, seules les deux roues avant sont motrices, ce qui permet de réduire les émissions de CO2 et la consommation. Les moteurs choisis ont, eux aussi, fait leurs preuves depuis longtemps dans les gammes Renault, Nissan et Dacia. Il s'agit, pour l'essence, du 1,6 l 16V développant 110 ch. Pour le Diesel, c'est le 1.5 dCi de 85 et 110 ch qui a été retenu, offrant ainsi un excellent compromis fiabilité / performances / coût. Une mention spéciale pour le dCi 85 ch, qui, sous le capot du Duster, n'émet que 135 g/km de CO2. Respect de la promesse clientLe plus important reste toujours de satisfaire le client, c'est-à-dire faire en sorte qu'il ne se sente pas trompé sur le produit. Et, de ce côté, un prospect Duster sait très bien ce qu'il achète. Il assume le positionnement et sait pertinemment qu'il renonce au toit ouvrant panoramique, aux radars de recul et autres gadgets que l'on trouverait sur un Koleos, par exemple. Mais les fonctionnalités globales attendues pour cette catégorie de véhicules sont parfaitement respectées. Il n'y a pas de tromperie sur la marchandise. La seule et véritable question qui subsiste, quant au succès du Duster, réside dans le positionnement commercial de ce type de véhicule, dans la gamme Dacia. Pour faire bref, existe-t-il une clientèle low-cost pour ce segment de marché ? Un client en recherche de SUV ou de Crossover, a priori relativement aisé, sautera-t-il "le pas du bas coût" ? Nous pensons que oui, tant l'essai nous semble transformé par Dacia.
Photo : Plus encore que la Sandero, le Duster est la première Dacia esthétiquement homogène, preuve que low-cost ne rime pas forcément avec lignes disgracieuses. Il était temps ! |
|||||||||||